La saga de l’été: Ayrton Senna #1

10 07 2009

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Mercredi 30 Mai 1984 : Ayrton Senna arrive dans le paddock de Monaco. Le tracé monégasque est un lieu chargé d’histoire et Ayrton en écrira quelques belles lignes supplémentaires tout au long de sa carrière. Quand il met les pieds en Principauté en ce moi de mai 84, le jeune Ayrton (Il n’a que 24 ans) se rend compte du chemin parcouru depuis qu’il a quitté son Brésil natal pour courir en Angleterre. En arrivant dans le stand Toleman, il s’assied au fond du garage et se prépare à enfiler sa combinaison. Il voit une jeune fille aux cheveux bruns et aux yeux clairs passer devant sa voiture et croit reconnaître son ex-femme, Liliane de laquelle il a divorcé quelques mois précédemment. Il a refusé de rentrer avec elle au Brésil pour continuer à vivre sa passion (ce qui passait irrémédiablement par un séjour en Europe), continuer à collectionner les victoires en Formule 3 britannique et elle n’a pas accepté. Maintenant, tout cela semble bien loin au jeune Ayrton, parfaitement concentré et intégré au milieu de la Formule 1. Il manie déjà sa carrière d’une main de fer et son but est clair: devenir champion du monde. Il est prêt à tout pour gagner un jour le sacre au plus haut niveau. Après un début de saison relativement fructueux, il a marqué un au Grands Prix d’Afrique du Sud et un autre lors de la manche disputée en Belgique, Ayrton sait qu’il a encore du travail. C’est épuisé qu’il a terminé le Grand Prix d’Afrique du Sud, à la limite de l’évanouissement. Mais, malgré une monoplace difficile à conduire, Ayrton a déclaré après la course qu’il devait aller au bout, pour tous ceux qui ont travaillé pendant des jours sur sa voiture. Démonstration de la motivation d’un jeune pilote, fougueux et talentueux mais aussi du respect envers les membres de son équipe.

Au terme des qualifications, Senna occupe une modeste 13ème place, ce qui compte tenu des performances de sa monoplace est tout à fait honorable mais marquer des points en course ne sera pas chose aisée.

Le lendemain, la pluie est au rendez-vous ce qui risque fort de donner une course difficile pour les pilotes. Le tracé de Monaco est déjà un juge de paix dans des conditions de piste sèche, alors si la pluie s’en mêle…Lorsque les feux rouges s’éteignent, les bolides s’extraient difficilement de leur position sur la grille de départ. Les monoplaces projettent des gerbes d’eau, ce qui rend la visibilité quasi nul, surtout pour les pilotes coincés dans le peloton, dont Senna fait partie. Ayrton est très concentré et essaie de tirer profit du faible potentiel de sa Toleman du mieux qu’il peut. A la fin du premier tour, il est déjà remonté à la 9e position. Tours après tours, le jeune Brésilien remonte progressivement vers la tête de la course, en alignant des tours ultra-rapides, à une cadence que l’on n’attendait pas de la part de cette voiture. La pluie, en nivelant les performances des monoplaces permet à Senna de démontrer toute l’étendue de son talent et il ne cesse de dépasser, sur un circuit peu propice à ce genre d’exercice. Au 16ème tour il occupe déjà la troisième place, dans les échappements de l’Autrichien Niki Lauda. Le pilote Mclaren essaye tant qu’il peut de tenir toute la largeur de la piste pour empêcher le jeune prodige de passer. C’est peine perdue. Alors qu’ils passent tous les deux la ligne d’arrivée, Ayrton se déporte sur l’extérieur de la piste. La Toleman accélère à fond le long de la ligne droite et se retrouve aux côtés de  la McLaren de Lauda pour le freinage du premier virage et parvient à passer par l’extérieur! Les observateurs sont subjugués par l’aisance sous la pluie du nouveau venu. En deuxième position, Senna aligne les records du tour pour revenir sur Alain Prost, alors en tête. Après avoir réduit l’écart à sept secondes et alors que se dessine l’exploit, le drapeau rouge est brandi. La course est terminée et Prost remporte l’épreuve.

Sur le podium, Ayrton Senna ne peut cacher sa déception d’avoir manqué une victoire qui semblait pourtant lui tendre les bras: « J’aurais certainement dépassé Prost mais personne ne peut savoir ce qui ce serait passé. J’aurais peut-être gagné, j’aurais peut-être abandonné. J’étais moi aussi à bout de force. Il y a eu des moments où c’était juste, où j’ai cru que j’allais m’écraser. » Ce qui est certain en revanche, c’est qu’en terminant deuxième sur un circuit aussi sélectif que celui de Monaco au volant d’une rétive Toleman-Hart et dans des conditions difficiles de surcroît, Ayrton Senna a (déjà) marqué les esprits !

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