La saga de l’été: Ayrton Senna #2

14 07 2009

La saga de l'été: Ayrton Senna #2

En 1985, Lotus n’est plus l’écurie qui collectionnait les victoires qu’elle était par le passé. La mort de son créateur, l’inventif Colin Chapman (le 16 décembre 1982), l’a laissée orpheline. Pourtant, Ayrton Senna a de bonnes sensations et croit au potentiel de sa monoplace, la Lotus 97 T motorisée par un V6 Turbo Renault. Lors des séances d’essais de pré-saison, il a impressionné les ingénieurs du motoriste français par son sens aigu du travail et sa capacité à décrire chaque petites ratées du moteur dans telle ou telle situation. La vérité est qu’il aime le travail, plus que tout. Il sait que pour remporter une victoire, il faut des heures passées sur les circuits à régler parfaitement la monoplace, à discuter avec les ingénieurs lors des briefings et débriefings. Il fait preuve d’une maturité étonnante pour un garçon de son âge (il n’a que 25 ans à l’époque). A son contact, le directeur technique du team, Gérard Ducarouge, sait qu’il va être possible de réussir de grandes choses tant le pilote a une capacité à fédérer toute une équipe autour de lui, un peu comme Michael Schumacher ou encore Fernando Alonso de nos jours. Au moment d’aborder la deuxième manche du championnat du monde sur le tracé d’Estoril, l’équipe Lotus est gonflée à bloc. Les performances réalisées en essais associées au fait que le jeune Ayrton s’était déjà distingué sur ce circuit l’année précédente laissent présager de bonnes choses pour ce weekend end de compétition. La motivation se transforme en bonnes performances dès les premières séances d’essais libres où Senna est toujours présent à la première place. La Lotus-Renault fonctionne à merveille sur le tortueux tracé portugais et Ayrton domine son coéquipier, l’Italien Elio de Angelis, qui fait pourtant partie de l’équipe depuis 1980! Senna est déjà parfaitement intégré à sa nouvelle équipe alors qu’il ne participe qu’à sa deuxième course avec elle.

Nouvelle domination lors des qualifications. Il réalise la pole position en seulement deux tours alors que ses adversaires enchainent les tentatives afin d’essayer de s’approcher son temps, en vain! L’aisance avec laquelle il réalise le meilleur temps nous ferait presque oublier qu’il s’agit là de la première de ses 65 poles (Un record qui sera battu par Michael Schumacher plus de 10 ans après la mort du champion). Senna est heureux d’avoir été récompensé de son dur labeur mais il sait que le plus dur reste à faire. Il faudra en effet se battre pour conserver cette première place le lendemain. C’est pourquoi, même après une telle performance, il y a tout de même le traditionnel débriefing d’après-qualification. Ayrton Senna quitte le stand Lotus vers 22h après avoir discuté des réglages du lendemain avec ses ingénieurs. Le moment est venu de prendre un peu de repos, bien mérité.

Le lendemain matin, la pluie est au rendez-vous. Bien que ce type de condition soit un avantage pour lui, Senna ne se réjouit quand même pas trop vite. Une erreur est toujours possible, c’est pourquoi il doit rester concentré, le plus possible. A une demi-heure du départ, la pluie tombe toujours et plus fort que le matin. C’est donc sous un véritable déluge qu’est donné le départ de la course mais, heureusement, sans dommage. Ayrton garde la tête, ce qui lui permet d’avoir la vue dégagée devant lui. Il ne sera plus inquiété de la course. Alors que la pluie redouble d’intensité, Senna semble intouchable: il maîtrise la conduite sous la pluie comme on n’avait jamais vu. Le mythe de « Magic » Senna vient de naître. En fin de course, la concentration se fait de plus en plus difficile… Ayrton mène la course avec plus d’une minute d’avance sur la Ferrari de Michele Alboretto et il sait qu’il ne peut plus être rattrapé à la régulière. Ce jour là Ayrton Senna était au dessus de lot et a remporté la première victoire de sa carrière !

Sur le podium Ayrton est souriant, contrairement à Monaco l’année précédente ou l’a  victoire lui avait échappé de peu. Alors que l’hymne brésilien retentit, le jeune Ayrton pense à tous les Brésiliens et éprouve une grande fierté. A chacun de ses déplacements lors de week-end de course, il essaye de représenter sa nation du mieux qu’il le peut. Aujourd’hui il sait qu’il vient de réaliser une très belle performance. Ce 21 Avril 1985, Ayrton Senna entre dans le cercle très fermé des vainqueurs de GP. L’on dit souvent qu’une première victoire change un pilote, et c’est ce qu’il explique après la course : « Vous savez, c’est une vraie libération. Maintenant, tout paraît différent et je n’aborderai plus les courses de la même manière. Désormais, je sais qu’à chaque course je peux gagner. » Ce jour là, le Brésilien prend une autre stature aux yeux des observateurs du petit monde de la F1.

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La saga de l’été: Ayrton Senna #1

10 07 2009

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Mercredi 30 Mai 1984 : Ayrton Senna arrive dans le paddock de Monaco. Le tracé monégasque est un lieu chargé d’histoire et Ayrton en écrira quelques belles lignes supplémentaires tout au long de sa carrière. Quand il met les pieds en Principauté en ce moi de mai 84, le jeune Ayrton (Il n’a que 24 ans) se rend compte du chemin parcouru depuis qu’il a quitté son Brésil natal pour courir en Angleterre. En arrivant dans le stand Toleman, il s’assied au fond du garage et se prépare à enfiler sa combinaison. Il voit une jeune fille aux cheveux bruns et aux yeux clairs passer devant sa voiture et croit reconnaître son ex-femme, Liliane de laquelle il a divorcé quelques mois précédemment. Il a refusé de rentrer avec elle au Brésil pour continuer à vivre sa passion (ce qui passait irrémédiablement par un séjour en Europe), continuer à collectionner les victoires en Formule 3 britannique et elle n’a pas accepté. Maintenant, tout cela semble bien loin au jeune Ayrton, parfaitement concentré et intégré au milieu de la Formule 1. Il manie déjà sa carrière d’une main de fer et son but est clair: devenir champion du monde. Il est prêt à tout pour gagner un jour le sacre au plus haut niveau. Après un début de saison relativement fructueux, il a marqué un au Grands Prix d’Afrique du Sud et un autre lors de la manche disputée en Belgique, Ayrton sait qu’il a encore du travail. C’est épuisé qu’il a terminé le Grand Prix d’Afrique du Sud, à la limite de l’évanouissement. Mais, malgré une monoplace difficile à conduire, Ayrton a déclaré après la course qu’il devait aller au bout, pour tous ceux qui ont travaillé pendant des jours sur sa voiture. Démonstration de la motivation d’un jeune pilote, fougueux et talentueux mais aussi du respect envers les membres de son équipe.

Au terme des qualifications, Senna occupe une modeste 13ème place, ce qui compte tenu des performances de sa monoplace est tout à fait honorable mais marquer des points en course ne sera pas chose aisée.

Le lendemain, la pluie est au rendez-vous ce qui risque fort de donner une course difficile pour les pilotes. Le tracé de Monaco est déjà un juge de paix dans des conditions de piste sèche, alors si la pluie s’en mêle…Lorsque les feux rouges s’éteignent, les bolides s’extraient difficilement de leur position sur la grille de départ. Les monoplaces projettent des gerbes d’eau, ce qui rend la visibilité quasi nul, surtout pour les pilotes coincés dans le peloton, dont Senna fait partie. Ayrton est très concentré et essaie de tirer profit du faible potentiel de sa Toleman du mieux qu’il peut. A la fin du premier tour, il est déjà remonté à la 9e position. Tours après tours, le jeune Brésilien remonte progressivement vers la tête de la course, en alignant des tours ultra-rapides, à une cadence que l’on n’attendait pas de la part de cette voiture. La pluie, en nivelant les performances des monoplaces permet à Senna de démontrer toute l’étendue de son talent et il ne cesse de dépasser, sur un circuit peu propice à ce genre d’exercice. Au 16ème tour il occupe déjà la troisième place, dans les échappements de l’Autrichien Niki Lauda. Le pilote Mclaren essaye tant qu’il peut de tenir toute la largeur de la piste pour empêcher le jeune prodige de passer. C’est peine perdue. Alors qu’ils passent tous les deux la ligne d’arrivée, Ayrton se déporte sur l’extérieur de la piste. La Toleman accélère à fond le long de la ligne droite et se retrouve aux côtés de  la McLaren de Lauda pour le freinage du premier virage et parvient à passer par l’extérieur! Les observateurs sont subjugués par l’aisance sous la pluie du nouveau venu. En deuxième position, Senna aligne les records du tour pour revenir sur Alain Prost, alors en tête. Après avoir réduit l’écart à sept secondes et alors que se dessine l’exploit, le drapeau rouge est brandi. La course est terminée et Prost remporte l’épreuve.

Sur le podium, Ayrton Senna ne peut cacher sa déception d’avoir manqué une victoire qui semblait pourtant lui tendre les bras: « J’aurais certainement dépassé Prost mais personne ne peut savoir ce qui ce serait passé. J’aurais peut-être gagné, j’aurais peut-être abandonné. J’étais moi aussi à bout de force. Il y a eu des moments où c’était juste, où j’ai cru que j’allais m’écraser. » Ce qui est certain en revanche, c’est qu’en terminant deuxième sur un circuit aussi sélectif que celui de Monaco au volant d’une rétive Toleman-Hart et dans des conditions difficiles de surcroît, Ayrton Senna a (déjà) marqué les esprits !





La saga de l’été: Ayrton Senna

1 07 2009

Ayrton SennaTraditionnellement, lorsque les vacances d’été pointent le bout de leur nez, les sagas de l’été ne sont jamais bien loin. Ce type de programme semble être quelque peu tombé en désuétude sur les différentes chaînes française (et à forciori sur les belges aussi étant donné que celles-ci diffusaient les sagas française en primeur). Malgré tout, Paddock NewsF1 a décidé de vous proposer un voyage dans le passé en revenant sur la carrière d’Ayrton Senna. Durant tout l’été j’essayerais de vous faire revivre au mieux les grands moments de la carrière de ce champion d’exception. Premier épisode, la semaine prochaine.

C’est tout, pour le moment…